1605 – Le maréchal d’Estrées remet aux moines de la Chartreuse de Vauvert, à Paris, un manuscrit révélant la formule d’un « élixir » (contenant la quasi-totalité des plantes médicinales de l’époque), dont nul ne sait l’origine.
1764 – Pendant plus d’un siècle et demi, les Chartreux vont mettre au point cette recette qui, notamment grâce au Frère Jérôme Maubec, donnera naissance à un produit définitif fixé en 1764 appelé « Élixir Végétal de la Grande Chartreuse ». Celui-ci est rapidement distribué aux populations locales en tant que produit de soin, notamment pendant la crise de choléra de 1832. Frère Charles fut le premier à le commercialiser sur les marchés locaux, descendant du monastère à dos d’âne. Depuis 1764, la recette de l’Élixir reste inchangée.
1840 – La Chartreuse Verte, aussi appelée “Liqueur de Santé”, est la première liqueur issue de la recette originale de l’Élixir Végétal de la Grande Chartreuse. Elle connaît un tel engouement que le Père Garnier, procureur et responsable des liqueurs de l’époque, décide par la suite de la nommer officiellement Chartreuse Verte, et dépose la marque “Chartreuse” en 1852. Aujourd’hui, elle est toujours élaborée et fabriquée par les Pères Chartreux dans leur distillerie d’Aiguenoire à Entre-Deux- Guiers (Isère – France). La Chartreuse jaune voit également le jour en 1840.
1903 – Les Chartreux sont expulsés de France. Ils emportent leur secret et implantent une distillerie à Tarragone en Espagne pour la fabrication de la liqueur. Liqueur qu’ils fabriqueront également à Marseille dès 1921 et jusqu’en 1929, sous le nom de « Tarragone ».
Ils reviendront en France une vingtaine d’années plus tard, dans leur ancienne distillerie de Fourvoirie, sur la commune de St Laurent du Pont, proche du Monastère de la Grande Chartreuse.
1935 – Les bâtiments de Fourvoirie sont détruits en 1935 par un éboulement de terrain. La fabrication est alors transférée à Voiron, après le travail de sélection des plantes effectué à l’intérieur même du Monastère.
2018 – La règlementation de 2014 impose aux Chartreux de déménager la distillerie dans un site plus sécurisé, après 80 années de production au centre ville de Voiron. C’est le site d’Aiguenoire, au coeur du massif de Chartreuse, à Entre Deux Guiers, que la nouvelle distillerie a été construite.
C’est le retour des Chartreux et de la Chartreuse en Chartreuse !
La fabrication aujourd’hui.
Seuls les Pères Chartreux connaissent les noms des 130 plantes utilisées pour faire la liqueur Chartreuse.
Les 18 tonnes de plantes nécessaires chaque année sont livrées au Monastère de la Grande-Chartreuse à St Pierre de Chartreuse. Dans la « salle des plantes », les plantes séchées sont triées, broyées, pesées et mélangées selon la recette de 1605. Puis, elles sont livrées à la distillerie d’Aiguenoire dans des grands sacs numérotés.

La distillation : Les plantes sont mises à macérer dans de l’alcool puis sont versées dans les alambics. Sous l’effet de la chaleur, l’alcool prend le parfum des plantes , s’évapore et se condense ensuite dans un serpentin baignant dans de l’eau froide. A la fin de la distillation, on obtient un liquide appelé alcoolat.
Les différents alcoolats sont ensuite mélangés, additionnés de miel distillé, de sirop de sucre et de la décoction de plantes qui donne à la liqueur sa couleur naturelle.
Les Chartreux sont les seuls liquoristes au monde à connaître le secret de la coloration verte par les plantes.

La cave de vieillissement : Après plusieurs années de vieillissement dans des foudres, la liqueur sera analysée par les Chartreux, qui sont les seuls à décider si la liqueur peut être embouteillée et commercialisée.
Quelle aventure… mais quel plaisir….
Une bien savante histoire d’un délicieux élixir qu’il faut consommer avec prudence et conscience !
Et toutes les saveurs éclatent en bouche et font penser au ciel
notre medicament l’elixir vegetal !!!!