Notre jardin se veut convivialité et échange afin de prendre le chemin de « bien vivre aujourd’hui pour sauvegarder demain ! »

Le jardin de l’AN MIL

est à l’emplacement même où est né le village de la Tour de Salvagny (alors SILVANIACUM) aux alentours de l’An Mil où n’y sont plantées que des espèces déjà existantes sur le haut moyen-âge.

Jardin Salvagny An 1000

Le jardin salvagny AN Mil

Situé en plein centre du village de la Tour de Salvagny, le Jardin de l’AN MIL vit au gré des saisons avec ses carrés potagers, ses réserves d’eau de pluie, son hôtel à insectes, ses nichoirs, sa fontaine … Et finalement son histoire. Ce jardin n’est planté que d’espèces déjà existantes à l’époque de Charlemagne et d’Hildegarde de Bingen.
Le jardin pour se nourrir, pour se soigner, pour se reposer, le jardin gage d’autonomie …

L’organisation générale de cet espace s’inspire de celle des jardins que l’on peut trouver dans les monastères tel que celui de l’abbaye de Saint Gall en Suisse dont le plan très détaillé datant de l’an 820 est arrivé jusqu’à nous.

Le choix des plantes s’est inspiré essentiellement des deux documents présentés ci-dessous et sous la gloriette au fond du jardin : Le Capitulaire de villis de Charlemagne datant d’autour de 800 et l’ouvrage Physica ou « livre des subtilités des créatures divines » écrit par Hidegarde de Bingen vers l’an 1160 (Cette période se situe approximativement après la fin des grandes invasions et avant que les acquis des croisades n’aient eu le temps de passer dans les moeurs.)

capitulaire de villis charlemagne

Vers 800, un texte législatif

LE CAPITULAIRE DE VILLIS  est promulgué par CHARLEMAGNE à l’attention des « villis »  (les gouverneurs de ses domaines) pour imposer ses volontés politiques, économiques, sociales et culturelles.

Cet acte, avec ses 70 chapitres est un règlement intérieur du royaume qui se doit d’être appliqué dans tous les fiefs et qui aborde absolument tous les aspects de la vie quotidienne de l’époque : fiscaux, agricoles, militaires, religieux. Les missi dominici, intraitables vérificateurs sont en charge du contrôle et de l’exécution de ces ordres et prescriptions !

Le dernier chapitre du Capitulaire contient une liste de 94 plantes qui doivent obligatoirement être cultivées dans chaque domaine du roi. On y trouve légumes, arbres fruitiers, céréales mais aussi plantes aromatiques, plantes médicinales et tinctoriales, de façon à pouvoir répondre à tous les besoins de la vie quotidienne.

Le texte initialement rédigé en latin est parfois difficile à interpréter mais il reste cependant une référence et un écrit fondateur très important quant à la connaissance des usages du haut moyen-âge. Bien des monastères possèdent aujourd’hui encore un jardin calqué sur les recommandations du Capitulaire.

HILDEGARDE de BINGEN

Vers 1150, cette grande abbesse germanique, médecin, s’implique dans la pharmacopée en utilisant tout ce que la nature peut offrir en matière de traitements. Elle rédigera en latin et en vieil allemand une succession d’ouvrages dont « PHYSICA » une sorte d’encyclopédie sur la nature.

Elle y cite notamment 171 plantes sauvages ou cultivées, destinées à aider à équilibrer les humeurs en utilisant des plantes dites chaudes ou froides, sèches ou humides, sur la base de la classification d’Aristote encore en vigueur à son époque.

Pour chaque plante est indiqué son intérêt alimentaire et/ou son usage médicinal. Le texte est émaillé de conseils et de recettes. Si certaines ont été abandonnées d’autres sont encore utilisées de nos jours comme l’épeautre dont Hildegarde est sans conteste à l’origine de la vulgarisation.
Lors de notre sélection, s’il était évident de voir que les plantes actuelles ne sont pas toujours identiques à celles de l’époque (les carottes par exemple étaient blanchâtres), il est apparu que certaines plantes ne sont plus utilisées (gesses, doliques), que quelques-unes ont vu leurs fonctions changer totalement (chéiidoine, ail), et que d’autres encore avaient un rôle social qu’elles n’ont plus.

Référence essentielle de l’époque en matière de savoir, Hildegarde sera canonisée en 2012 par Benoit XVI pour l’exemplarité de sa vie et reconnue Docteur de l’Eglise pour avoir pressenti les idées à venir sur la physiologie humaine. Vivante aujourd’hui elle serait sans nul doute inscrite dans les nobélisables.

Hildegarde de Bingen

Une Année au jardin

Fontaine

La fontaine encore plus belle …

Juillet 2018 au jardin de l’an Mil :

Après les pluies diluviennes de mai et juin, le jardin sourit enfin, les fleurs sont superbes, les légumes sont en graines, les petits oiseaux sortent de leurs nids !
L’équipe des petites mains affairées du mardi matin ne cesse de couper, arracher et mettre en sachets les précieuses graines récoltées qui se retrouveront aux TROC TRUC JARDIN.
Vient le temps d’une petite pause pour admirer toute cette exubérante végétation.

Avril 2018 au jardin de l’an Mil :

Ne te découvres pas d’un fil et pourtant il fait si chaud …
« DAME-NATURE » nous presse de nous mettre à l’ouvrage pour nettoyer les récupérateurs d’eau, repiquer les doliques et les pois chiche. Les iris, les centaurés, les pastels, les lilas sont en fleurs et bientôt nos lys blancs (pureté de Marie) vont éclorent …. Après cette canicule, pourvu que la pluie bienfaitrice arrive.

Décembre 2017 au jardin de l’an Mil :

Déjà plus de 1000 ans que la neige tombe ici en flocons intemporels. Le solstice d’hiver est là, le jardin tout vêtu de blanc sommeille et prépare sa prochaine parure à ne dévoiler que pour l’équinoxe de printemps.

PRINCIPES DES EQUINOXES ET DES SOLSTICES

  • L’équinoxe correspond à un moment de l’année où le soleil se trouve au zénith à l’équateur terrestre, la terre se trouve alors à angle droit (en prenant les pôles) avec les rayons du soleil. Le jour et la nuit ont alors la même durée.
  • Le solstice correspond au moment de l’année où les rayons du soleil touche la terre avec l’angle le plus incliné. le solstice d’été représente la journée la plus longue et le solstice d’hiver la plus courte.

Novembre 2017 au jardin de l’an Mil :

Les choux frisés non pommés, perdus de vue depuis la fin du moyen-âge reviennent aujourd’hui sur nos étals sous le nom de chou kale (kale signifiant chou). Au jardin la grande banquette de l’entrée leur est consacrée et ils ont l’air de s’y plaire !

Octobre 2017 au jardin de l’an Mil :

Les feuilles des platanes tombent et jonchent le sol. Que serait-ce s’ils n’avaient pas été élagués. Mais on se dit qu’en l’an mil au mois d’octobre c’était déjà pareil. Sauf que les feuilles finissaient dans les paillasses pour les rendre un peu plus confortables et chaudes pour l’hiver.

Septembre 2017 au jardin de l’an Mil :

Le grand nettoyage se profile, les menthes adoptent une coupe d’automne bien courte et c’est la mort dans l’âme que nous arrachons les buis attaqués par un papillon vorace dont nous n’avons pu nous débarrasser.