Cet espace se veut convivialité et échange afin de permettre à chacun de « bien vivre aujourd’hui pour sauvegarder demain ! »

Le jardin de l’an 1000

Le jardin est à l’emplacement même ou est né le village de la Tour de Salvagny (alors SILVANIACUM) aux alentours de l’an 1000 où y sont plantées que des espèces déjà existantes sur le haut moyen-âge (époque Charlemagne, avant les croisades).

Le jardin salvagny an 1000

Situé en plein centre village, le Jardin de l’An 1000 vit au gré des saisons avec ses carrés potagers, ses réserves d’eau de pluie, son hôtel à insectes, ses nichoirs, sa fontaine … ce jardin n’est planté que d’espèces existantes à l’époque de Charlemagne et d’Hildegarde de Birgen.
Le jardin pour se nourrir, le jardin pour se soigner et le jardin pour se reposer, le jardin pour être autonome.

Avec un cofinancement GRAND LYON Métropole et l’accompagnement de l’association LES COMPOSTIERS, mise en service d’un composteur collectif pour recyclage des déchets organiques du bourg avec après maturation, la récupération d’un bon amendement.

La pérennité du jardin repose sur tous ceux qui soutiennent ce projet et qui continuent à le valoriser et à le bonifier au rythme des saisons.

Que ce lieu soit convivialité et échange afin de permettre à chacun de « bien vivre aujourd’hui pour sauvegarder demain ! »

Vers 800, un texte législatif

LE CAPITULAIRE DE VILLIS  est promulgué par CHARLEMAGNE à l’attention des « Villis »  (les gouverneurs de ses domaines) pour imposer sa volonté politique, économique, sociale et culturelle.

Cet acte, avec ses 70 chapitres est un réglement intérieur du royaume qui se doit d’être appliqué dans tous les fiefs et qui aborde absolument tous les aspects de la vie quotidienne de l’époque : fiscaux, agricoles, militaires, religieux. Les missi dominici, intraitables vérificateurs sont en charge du contrôle de ces ordres et prescriptions.

Le dernier chapitre du Capitulaire contient une liste de 94 plantes qui doivent obligatoirement être cultivées dans chaque propriété du roi. On y trouve légumes, arbres fruitiers, céréales mais aussi plantes aromatiques, plantes médicinales et tinctoriales, de façon à pouvoir répondre à tous les besoins de la vie quotidienne.

Le texte initialement rédigé en latin est parfois difficile à interpréter mais il reste cependant une référence et un écrit fondateur très important quant à la connaissance des usages du haut moyen-âge. Bien des monastères possèdent aujourd’hui encore un jardin calqué sur les recommandations du Capitulaire.

HILDEGARDE de BINGEN

Vers 1150, cette grande abbesse germanique, médecin, s’implique dans la pharmacopée en utilisant tout ce que la nature peut offrir en matière de traitements. elle rédigera en latin et en vieil allemand une succession d’ouvrages dont « PHYSICA » une sorte d’encyclopédie sur la nature.

Elle y cite notamment 171 plantes sauvages ou cultivées, destinées à aider à équilibrer les humeurs en utilisant des plantes dites chaudes ou froides, sèches ou humides, sur la base de la classification d’Aristote encore en vigueur à son époque.

Pour chaque plante est indiqué son intérêt alimentaire et/ou son usage médicinal. Le texte est émaillé de conseils et de recettes. Si certaines ont été abandonnées d’autres sont encore utilisées de nos jours comme l’épeautre dont Hildegarde est sans conteste à l’origine de la vulgarisation.

Référence essentielle de l’époque en matière de savoir, Hildegarde sera canonisée en 2012 par Benoit XVI pour l’exemplarité de sa vie et reconnue Docteur de l’Eglise pour avoir pressenti les idées à venir sur la physiologie humaine. Vivante aujourd’hui elle serait sans nul doute inscrite dans les nobélisables.

Septembre au jardin de l’an mil :

Le grand nettoyage d’automne a commencé et bat son plein. Presque toutes les menthes ont une coupe d’automne bien courte. La mort dans l’âme on se voit dans l’obligation d’arracher les buis attaqués par un papillon vorace.

Octobre au jardin de l’an mil :

Les feuilles de platane tombent et remplissent force sacs. Que serait-ce s’ils n’avaient pas été élagués. Pour se donner du courage, on se dit qu’en l’an mil au mois d’octobre c’était déjà pareil. Sauf que peut-être, les feuilles finissaient-elles dans les paillasses pour les rendre un peu plus confortables pour l’hiver.

Novembre au jardin de l’an mil :

Les choux frisés non pommés qu’on avait perdus de vue depuis la fin du moyen âge sont revenus du nouveau monde il y a quelques années sous le nom de chou kale (kale signifiant chou !!!). Donc nous leur avons consacré cet automne la grande banquette. Nos chou-choux ont l’air de s’y plaire.

Décembre au jardin de l’an mil :

Déjà plus de 1000 ans que la neige, avec ses petits flocons intemporels, tombe. Le solstice d’hiver se prépare tout vêtu de blanc, le jardin sommeille et rêve en secret de sa beauté future qu’il n’osera dévoiler que pour l’équinoxe de printemps.